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DJI Dock 4 échange la batterie de son drone en 25 secondes

Le DJI Dock 4 échange automatiquement la batterie de son drone en 25 secondes, mais son prix et son admissibilité canadienne restent à confirmer.

DJI Dock 4 échange la batterie de son drone en 25 secondes

Un drone d’inspection peut voler près d’une heure, puis rester immobilisé une bonne partie du temps pour recharger sa batterie. DJI veut réduire cette attente à quelques secondes avec le Dock 4, une station extérieure qui retire automatiquement la batterie du nouveau Matrice 5TD et la remplace par une autre déjà chargée.

Lancé le 14 octobre, le système vise les services d’urgence, les sites industriels, les mines et l’inspection d’infrastructures. Il est offert par les revendeurs DJI Enterprise, y compris des intégrateurs canadiens, mais son prix public et son admissibilité à plusieurs opérations réglementées au Canada restent à confirmer.

Une relève automatique plutôt qu’une recharge

Le DJI Dock 4 contient jusqu’à trois batteries de rechange et peut en charger deux simultanément. Après l’atterrissage, un mécanisme interne retire la batterie du drone et en installe une autre. DJI annonce un échange en moins de 25 secondes, mesuré entre la fermeture du couvercle et la fin de l’opération.

Selon DroneXL, le cycle complet entre l’atterrissage et un nouveau décollage prendrait environ 45 secondes. Le média rapporte aussi qu’une batterie passe de 15 % à 95 % en 27 minutes. Ces chiffres proviennent des conditions et spécifications de DJI; aucun essai indépendant prolongé n’a encore validé la cadence dans le froid, la pluie ou après des centaines de cycles.

La station pèse 66 kg sans ses batteries ni le drone. Elle est certifiée IP56 et sa plage de fonctionnement annoncée va de −40 à 50 °C, ce qui la rend théoriquement adaptée aux hivers canadiens. Cela ne garantit toutefois pas le rendement réel du mécanisme avec le givre, la neige soufflée ou les accumulations de glace.

Un drone spécialisé pour l’inspection et les interventions

Le Dock 4 fonctionne uniquement avec le nouveau Matrice 5TD. Ce drone de 2,6 kg offre, selon le fabricant, jusqu’à 59 minutes de vol dans des conditions de laboratoire et une vitesse maximale annoncée de 21 m/s, soit environ 76 km/h.

Son bloc de capteurs comprend trois caméras de 50 Mpx, une caméra thermique de 1 280 sur 1 024 pixels et un télémètre laser pouvant atteindre 3 km dans des conditions favorables. Du LiDAR, un radar à ondes millimétriques et des fonctions de détection en temps réel pour 17 catégories d’objets complètent l’ensemble. Ces capacités pourraient aider à repérer un point chaud, inspecter un pylône ou obtenir rapidement une vue d’ensemble avant l’arrivée des équipes au sol.

Le système exige cependant une station terrestre DJI O4. Le Matrice 5TD n’est pas conçu pour être piloté manuellement avec une radiocommande ordinaire. Les missions passent par FlightHub 2, offert en nuage public ou en installation locale. DJI indique que les données des utilisateurs hors de Chine sont hébergées sur AWS aux États-Unis ou en Europe lorsque le service public est utilisé; les organisations ayant des exigences de résidence des données devront examiner l’option locale et ses coûts.

Prix, disponibilité et Canada

DJI n’a publié aucun prix ni aucune fourchette pour le Dock 4. Des revendeurs canadiens comme SpeedyDrone et Remote Robotic invitent les organisations à demander une soumission. Une installation complète peut comprendre la station, le Matrice 5TD, la station O4, les batteries, la connectivité, FlightHub 2, l’installation, la formation et le soutien.

Le prix final peut donc varier selon la configuration, le détaillant, les logiciels, les services, les promotions et la région. Une page canadienne ou une soumission ne prouve pas non plus qu’un système est immédiatement en stock.

Au jour du lancement, le RPAS Centre indiquait que le Matrice 5TD n’apparaissait pas encore dans la liste canadienne des drones assortis d’une déclaration d’assurance de sécurité. Transports Canada précise qu’une telle déclaration est nécessaire pour certaines opérations avancées ou complexes. Les missions automatisées hors visibilité directe peuvent aussi exiger un certificat de niveau 1 complexe, un certificat d’exploitant SATP ou, selon le scénario, un certificat d’opérations aériennes spécialisées.

Limites ou points à considérer

La rapidité annoncée de l’échange n’est pas encore confirmée par un test indépendant. Il reste à mesurer la fiabilité du mécanisme dans les conditions canadiennes, l’usure des batteries, le bruit, les coûts d’entretien et la disponibilité des pièces.

L’automatisation ne supprime pas les responsabilités humaines. Une organisation doit planifier les trajectoires, gérer les autorisations, protéger les données, surveiller la météo et prévoir une procédure en cas de perte de communication ou d’atterrissage imprévu.

Conclusion

Le Dock 4 remplace une longue recharge par une relève de batterie quasi immédiate. Pour une équipe d’urgence ou un exploitant d’infrastructure, cette différence pourrait transformer un drone occasionnel en outil réellement disponible en continu.

La promesse est crédible sur le plan mécanique, mais elle doit encore passer trois tests : la fiabilité sur le terrain, le coût total d’une installation et l’autorisation de chaque type de mission au Canada. Avant d’acheter, il faudra valider ensemble le matériel, le site et le cadre réglementaire.