Globalstar 2‑R : huit satellites intégrés à Montréal prennent leur envol
Huit satellites Globalstar construits à Montréal rejoignent l’orbite pour renforcer les communications directes aux appareils et les services IoT.

Huit nouveaux satellites de télécommunications viennent de rejoindre l’orbite terrestre basse après avoir été intégrés et testés à Montréal par MDA Space.
Le lancement a eu lieu le 15 août 2026 à 21 h 12, heure de l’Est, depuis Cap Canaveral, en Floride. Une fusée Falcon 9 de SpaceX a placé les appareils en orbite, amorçant maintenant leur période d’essais et de mise en service.
Communiqué officiel de MDA Space
Renouveler une constellation déjà en service
Les satellites font partie du programme Globalstar 2‑R, destiné à renouveler la constellation de télécommunications en orbite basse de Globalstar.
Il ne s’agit donc pas d’un tout nouveau réseau ni d’un service qui devient immédiatement accessible au public. Les appareils doivent remplacer progressivement une partie des satellites vieillissants et assurer la continuité des services actuels.
Globalstar exploite notamment des communications directes avec certains appareils mobiles ainsi que des services destinés à l’Internet des objets. Son réseau est aussi utilisé pour différentes fonctions satellitaires accessibles lorsque les réseaux cellulaires et Wi-Fi sont absents.
Les services d’urgence par satellite offerts sur certains appareils Apple utilisent notamment l’infrastructure de Globalstar. Cette fonction permet de transmettre des messages courts aux services d’urgence depuis un endroit offrant une vue suffisamment dégagée du ciel.
Explication du service d’urgence satellitaire d’Apple
L’arrivée des nouveaux satellites vise d’abord à maintenir la disponibilité et la fiabilité du réseau. MDA Space n’a pas annoncé de nouvelle fonction destinée directement aux consommateurs à la suite de ce lancement.
Une collaboration entre Montréal et la Californie
Le programme comprend 17 satellites d’environ 500 kilogrammes chacun.
Rocket Lab a conçu et fabriqué leurs plateformes à partir d’une version adaptée de son architecture Lightning. Ces plateformes regroupent notamment la structure, les panneaux solaires, les roues de réaction, une partie de l’avionique, les logiciels de vol ainsi que les radios de télémétrie, de poursuite et de commande.
MDA Space agit comme maître d’œuvre du programme. L’entreprise a développé la charge utile de télécommunications et réalisé l’assemblage final, l’intégration et les essais des satellites dans ses installations montréalaises.
Description technique fournie par Rocket Lab
Cette répartition du travail illustre la complexité de la fabrication spatiale moderne. Une entreprise peut concevoir la plateforme de base, tandis qu’une autre développe la charge utile, réunit les sous-systèmes et vérifie que l’ensemble résistera au lancement et aux conditions orbitales.
Pour MDA Space, il s’agit des premiers satellites de télécommunications en orbite basse livrés par l’entreprise comme maître d’œuvre d’une constellation commerciale.
Les huit satellites ont répondu après leur déploiement
Selon Rocket Lab, les équipes au sol ont établi une communication avec chacun des huit satellites. L’entreprise affirme qu’ils fonctionnent normalement et produisent de l’électricité.
Cette confirmation constitue une étape importante, mais elle ne signifie pas encore que les appareils sont entièrement opérationnels.
Les satellites doivent maintenant subir une série de vérifications en orbite. Les équipes examineront notamment leur alimentation électrique, leurs communications, leur orientation et le fonctionnement de leurs différents sous-systèmes avant leur intégration au réseau actif.
Les neuf autres satellites commandés par Globalstar se trouvent dans les dernières étapes d’intégration chez MDA Space. Aucune date précise de lancement n’a été annoncée dans le communiqué du 16 août.
Un lancement accompagné d’un record pour SpaceX
La mission Globalstar a aussi contribué à un record de cadence pour SpaceX.
Seulement 38 minutes et demie après le décollage de Cap Canaveral, une autre fusée Falcon 9 a quitté la Californie avec une charge utile de l’US Space Force. Selon Spaceflight Now, il s’agit du plus court intervalle jamais réalisé entre deux lancements orbitaux par la même entreprise.
Le premier étage utilisé pour la mission Globalstar effectuait son quatorzième vol. Il est revenu se poser près de son site de lancement environ huit minutes après le décollage.
Compte rendu indépendant de Spaceflight Now
Prix et disponibilité
Les satellites Globalstar 2‑R ne sont pas des produits vendus directement aux consommateurs.
Rocket Lab indique que son contrat initial avec MDA Space pour les 17 plateformes possède une valeur de 143 millions de dollars américains. Cette somme ne représente toutefois ni le coût total du programme ni le prix individuel complet d’un satellite.
Les tarifs et la disponibilité des services reposant sur Globalstar dépendent des fabricants d’appareils, des fournisseurs, des forfaits, des fonctions offertes et des régions prises en charge.
Limites ou points à considérer
Le lancement est réussi, mais la mise en service demeure en cours. La couverture, la fiabilité et la capacité supplémentaires ne pourront être confirmées qu’après les essais orbitaux.
Ces appareils renouvellent une constellation existante. Ils ne doivent pas être confondus avec une nouvelle constellation d’accès Internet à large bande comparable à Starlink.
Enfin, Globalstar et ses partenaires ne garantissent pas que chaque fonction satellitaire sera offerte sur tous les appareils ou dans toutes les régions. La compatibilité dépend du matériel, du logiciel, des ententes commerciales et des autorisations réglementaires.
Conclusion
Le lancement des huit premiers satellites Globalstar 2‑R représente une réalisation concrète pour l’industrie spatiale québécoise.
Les plateformes ont été construites par Rocket Lab, tandis que MDA Space a développé leur charge utile et effectué leur assemblage final, leur intégration et leurs essais à Montréal.
Leur rôle est moins spectaculaire que celui d’une nouvelle constellation entièrement inédite, mais il demeure essentiel : assurer la continuité d’un réseau qui relie déjà des appareils mobiles et des objets connectés lorsque les infrastructures terrestres ne sont pas accessibles.